La guerre de PETROS

« J'ai lu pour vous ... » c'est la nouvelle rubrique littéraire de notre site. Chaque mois je vous proposerai  la lecture d'une œuvre d'un auteur grec ou proche de la Grèce, en espérant vous donner à vous aussi l'envie de lire cette œuvre...


Pour cette « première fois » je vous emmène sur les traces de Pétros. J'imagine déjà certains d'entre vous se délecter à l'idée de partir pour Mykonos !! Et bien non, il ne s'agit pas d'emboîter le pas de ce Pétros là, le majestueux mais très vieux pélican d'une des belles Cyclades...
Je veux vous faire partager le temps d'un roman autobiographique la difficile enfance d'un petit garçon d'une dizaine d'années, Pétros, pendant l'occupation allemande d'Athènes de 1940 à 1944. Du stade d'enfant insouciant, collectionnant les animaux (un grillon, une tortue...), amoureux de la nature, il passe rapidement à celui de « résistant » accomplissant des petits actes de sabotage sans grandes envergures mais au combien héroïques pour un enfant de son âge...

« La guerre de Pétros » est un titre d'Alki Zéi. Elle est née en 1927 à Athènes et  s'est exilée en France à partir de 1967. Auteure principalement de livres pour enfants et adolescents, la plupart de ses ouvrages ont été traduits en français. Ses récits ont quasiment tous un caractère autobiographique et nous permettent aussi et surtout de reconstituer un grand pan de l'histoire grecque récente :
- la dictature de Métaxas avec « Le tigre dans la vitrine »
- l'exil des combattants grecs communistes en URSS, le stalinisme vécu de l'intérieur et le retour en Grèce encore différé par la dictature des colonels en 1967 avec « La fiancée d'Achille » ou « Oncle Platon ».

La bibliothèque municipale de Brive vous permettra d'emprunter plusieurs des titres d'Alki Zéi dont « La guerre de Pétros ».

Extrait : « la balade la grand-mère morte »

...Ce matin la grand-mère de Sotiris est morte. De faim.
- Tu as déjà vu quelqu'un mourir d'autre chose par les temps qui courent ? lui dit Sotiris (...)

...Il n'y aurait pas de funérailles parce que si l'on enterrait officiellement la grand-mère, avec le pope et tout le tremblement, il faudrait un permis d'inhumer et adieu les rations de pain. Tandis que si on ne l'enterrait pas, Sotiris et sa maman mangeraient la ration de pain de grand-mère. Quant à ce qu'il fallait faire de la grand-mère morte, Sotiris l'expliqua et se vanta même d'être l'auteur de la trouvaille...

...Ils allaient la jeter ! C'était les propres mots de Sotiris. C'est pour cela qu'il avait besoin de Pétros. Ils iraient tous les deux la jeter par-dessus le mur du cimetière (...) Ils prirent la grand-mère sous les bras, elle était légère comme une plume. La maman de Sotiris les regardait pétrifiée, elle ne versa pas une larme. Ensuite elle noua un fichu sur la tête de la grand-mère et le lui descendit sur les yeux. Il les lui couvrait presque.

- Si quelqu'un du quartier vous interroge, dites que vous l'emmenez chez le docteur, leur dit-elle d'une voix étrange.
Nous ne sommes pas dans notre état normal, songe Pétros ; c'est comme si les allemands nous avaient jeté un sort. Ca ressemble à l'histoire du prince au cœur de pierre (...)

...- les semelles sont bonnes, pensez  lui ôter les souliers, leur avait dit la maman de Sotiris au moment où ils descendaient l'escalier avec la grand-mère...

...ils atteignirent le mur du fond du cimetière et Sotiris eut une idée :
- Et si on ne la jetait pas mais qu'on l'adosse au mur...
Ils jetèrent un coup d'œil circulaire pour voir s'il n'y avait personne bien qu'il fit nuit noire, puis déposèrent la grand-mère sur le sol. Sotiris lui mit quelques branches en guise d'oreiller, puis lui ôta les souliers qu'il fourra dans son blouson. Les pieds de la grand-mère étaient jaunes comme des pieds de cire. Ils coupèrent de grandes feuilles de mauve qui poussaient là et l'en couvrirent...



Autre extrait en grec !

« Ο περιπατος του ζωντανου παππου »

Ο παππους φορουσε ενα σακακι κατακουρελιασμενο κι ενα ξεθωριασμενο παντελονι με χιλια δυο μπαλωματα απανω. Και ομως πριν κατεβει τη σκαλα, φορουσε τα κανονικα του ρουχα! Αυτο, λοιπον ηταν το χαρχαλεμα αλλαζε ρουχα..




Référence : « La Guerre de Pétros »
Auteur : Alki Zéi
Editeur : Hachette Jeunesse- 1984

Vous le trouverez également  chez d'autres  éditeurs.



Je vous conseille aussi de lire dans la foulée le très beau roman de cette même auteure : « La Fiancée d'Achille ». C'est le « best-seller » d'A. Zéi et une magnifique histoire d'amour et d'amitié sur une trentaine d'années d'une histoire grecque moderne tourmentée.

Référence : « La Fiancée d'Achille »
Auteur : Alki Zéi
Editeur : La Découverte



BONNE LECTURE A TOUS !

Christine DAYRE



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