ECHAPPEES MACEDONIENNES (suite2) par Marie-Claude Jardel

Publié le par Les amoureux de la Grèce

   En file indienne le long de

2009 -10-04- Voyage GRECE DU NORD MARIANNE 015

    Journal du voyage  de l’association

    Franco-hellénique de la Corrèze

 

                  Lundi 5 octobre 2009

         La VIA EGNATIA

 

PHILIPPES

 

 

Après un repas bien mérité au bord de la mer dans la petite ville de KAVALA,

   

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nous voici en route pour la cité de PHILIPPES.

Les vestiges archéologiques, situés à 150 kilomètres de Thessalonique, dans une large plaine fertile dominée par le Mont PANGEE où, selon la mythologie, les Ménades mirent en pièces Orphée, nous plongent au cœur de la civilisation romaine et de la période byzantine des premiers temps du christianisme.

Fondée en 360 av.J.-C. par des colons venus de l’île de THASOS elle dut très rapidement demander de l’aide au jeune roi PHILIPPE de MACEDOINE pour faire face à la menace de tribus THRACES. Ce dernier, attiré par les mines d’or et d’argent du mont Pangée ainsi que par la position stratégique de la cité installée sur un segment de la grande route royale de Macédoine (la future « VIA EGNATIA » des romains), y fonda une colonie et la baptisa de son nom : PHILIPPES.

Il fortifia la ville, assécha les marais et la cité devint un centre économique actif jouissant même d’un statut quasi autonome. Pourtant malgré cela PHILIPPES resta tout au long de son existence, qui fut relativement courte, à peine un millénaire, une petite cité.

Petite cité mais qui eut le double privilège de voir, avec la défaite et la mort des meurtriers de CESAR (bataille de 42 apr.J.-C.qui se déroula sous ses murailles), la chute de la République romaine et par la première prédication de l’apôtre PAUL (49 apr.J.-C.), l’avènement du christianisme en Europe.

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Cette christianisation précoce fera d’elle

un des centres spirituels du

monde byzantin comme l’atteste

les nombreuses basiliques.

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La cité fut abandonnée au 14ème siècle après la conquête ottomane,

suite à des épidémies de malaria et servit par la suite de carrière pour

les habitants des villages  voisins.

Peu d’écrits mentionnent son existence, à part les historiens des guerres civiles romaines et les Actes des apôtres, et il fallut attendre le 19ème siècle et le récit de voyageurs pour redécouvrir les ruines de PHILIPPES.

Très vite nous aperçûmes la citadelle de PHILIPPES,

 

 PHOTO-4-copie-1.jpg mais le site antique de la cité ne se laisse pas facilement découvrir ! Peu à peu l’on distingue creusé dans le flanc même de la montagne, se confondant avec elle, le petit théâtre de PHILIPPES

 

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Et c’est pourtant l’un des édifices les plus visibles, bien que remanié par les romains et restauré à notre époque et pas toujours de façon discrète ! ! !

   

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Construit dès l’époque de PHILIPPE II, il pouvait contenir jusqu’à 3000 spectateurs ; il présente plusieurs caractéristiques des théâtres grecs ; ORCHESTRA formant un cercle complet 

 

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-technique de construction de ses murs de soutènement en pseudo isotomic

-directement accolés au rempart, ils furent construits simultanément et s’étayent l’un  l’autre.

 

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Au 2ème siècle apr.J.-C. on agrandit notamment la partie supérieure de la CAVEA par l’adjonction de nouveaux rangs de sièges reposant sur un épais massif de maçonnerie. Puis au 3ème siècle apr.J.-C., durant la période romaine il fut modifié pour faire face à l’augmentation de la population ainsi qu’à la multiplication et au changement de nature des spectacles.

Il fut transformé en arène, les 3 ou 4 premiers rangs furent enlevés et une

« barricade » fut érigée tout autour de l’Orchestra pour protéger les spectateurs des bêtes sauvages. On peut voir encore les galeries de briques entourant le théâtre et dans lesquelles circulaient les bêtes sauvages

 

 

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L’architecture du théâtre n’est pas le seul à rendre témoignage du changement de nature des spectacles. Pour cela nous devons nous intéresser aux portes d’accès du théâtre  plus ou moins bien restaurées !

 

Sur chacun des piliers encadrant cette porte on peut encore admirer d’un côté une sculpture du dieu MARS et de l’autre côté une représentation de la déesse NIKE.

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Le dieu MARS est représenté ici debout en costume de légionnaire romain de la fin de l’empire : tête coiffée du casque à panache, cuirasse de cuir, courte épée à la ceinture soutenue par un baudrier. Son bras gauche est passé à travers l’attache d’un bouclier rond.

(au dessus de lui se lisait l’inscription : « ZOSIMUS, prêtre de NEMESIS, la déesse invincible, pour l’association des amis de la chasse »)

Mars (ARES), dieu des soldats, était aussi celui des gladiateurs, assisté de DIANE, il présidait aux divers jeux de l’arène.

Sa représentation quasi-militaire et son association avec NIKE (la Victoire) ne doivent pas nous étonner : ce furent les divinités favorites des empereurs romains. Elles prirent place donc tout naturellement dans le panthéon des dieux honorés à PHILIPPES à la suite des vétérans de l’armée d’AUGUSTE.

ARES – NEMESIS – NIKE : combat, lutte, compétition ; tel était le monde des gladiateurs et des athlètes romains.

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Et si l’arche de la porte est toujours ornée d’une tête de taureau  en écho des combats menés par les gladiateurs, aujourd’hui le théâtre ne voit plus défiler que des acteurs pacifiques équipés d’armes différentes et bien inoffensives !

L’édit de THESSALONIQUE en 380 apr.J.-C.mit probablement fin au théâtre et aux jeux de cirque à PHILIPPES, comme partout ailleurs dans le monde romain. Cet édit reconnaissait le CHRISTIANISME comme la religion officielle et obligatoire de l’empire ; les spectacles devenaient alors une activité païenne.

 

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C’est à cette même époque sous

THEODOSE 1er (347- 395) que

des ateliers de céramique

 s’installèrent à côté du

théâtre abandonné. On a retrouvé

des canaux transportant l’eau

de la montagne vers ces ateliers.

 

  A SUIVRE...

 

 

 

 

 

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