ECHAPPEES MACEDONIENNES (suite 1) par Marie-Claude Jardel

Publié le par Les amoureux de la Grèce

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   Journal du voyage de l’association

     Franco- hellénique de la Corrèze

 

                   Lundi 5 Octobre 2009

               

 

                                           AMPHIPOLIS

 

 

Athènes, comme toutes les grandes cités grecques, chercha très tôt à s’assurer le contrôle de la THRACE, région revêtant une importance économique : les métaux précieux y abondaient (les poètes athéniens ont souvent célébré PANGEE la montagne aux pépites d’or et aux filons d’argent) ainsi que les ressources en bois, indispensables à la construction navale, mais aussi stratégique de par sa position sur la route maritime des détroits qui garantissait l’approvisionnement en blé venant de la SCYTHIE.

 Une première tentative de colonisation se solda en 465 av.J.-C. par le massacre de 10000 colons athéniens, aussi lorsqu’en 437 av.J.-C. le général athénien HAGNON décida de s’établir au lieu-dit les « 9 voies », à l’emplacement de l’antique bourgade THRACE d’ENNEADE HODOI, sur les bords du fleuve STRYMON, il prit la précaution de consulter l’oracle de DELPHES, justifiant ainsi la création d’AMPHIPOLIS et, par la même, la mainmise d’ATHENES sur la région :

«Enfants des Athéniens, pourquoi vouloir bâtir dans un lieu coupé de tant de chemins?…»

 Le site de la nouvelle cité répondait en tout point au premier vers de la Pythie : perchée sur un complexe de collines dominant le cours paisible du « reeqron agrou Strumonos » (le cours divin du STRYMON sacré d’ESCHYLE), la cité devait recevoir l’épithète de  « Perijanes » visible de toutes parts.

 

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« … l’entreprise est difficile, sans le secours des dieux. Il est réglé d’en haut que la chose ne se fera point, que vous n’ayez trouvé ce qui reste de RHESUS, et que l’ayant apporté de TROIE vous ne l’ayez caché religieusement. Alors votre entreprise aura un heureux succès ». (POLYEN ruses de guerre chap. VI)

RHESOS ou RHESUS ancien roi de THRACE, héros de la guerre de TROIE et Dieu guérisseur devenu fils du fleuve STRYMON et de la MUSE CLIO : la possession de son corps et l’instauration d’un culte à son nom, devait, dans la pensée des Athéniens, leur donner des droits sur le pays où le héros avait régné et assurer ainsi aux nouveaux colons menacés par les populations locales, la neutralité d’une redoutable divinité THRACE…

 

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Mort pour TROIE, il fut libéré par PERSEPHONE qui ne pouvait retenir aux enfers un proche d’ORPHEE initiateur THRACE des mystères d’ELEUSIS et des cérémonies secrètes liées à l’immortalité de l’âme, mais il ne put pour autant rejoindre le monde des humains et devint prophète de BACCHOS dans une caverne du PANGEE.

Grâce à sa situation au carrefour de voies terrestres et maritimes, AMPHIPOLIS ne tarda pas à devenir le centre le plus peuplé de la région ainsi que le principal point d’appui d’ATHENES en THRACE ce qui en fit une cible de choix pour les adversaires de cette dernière.

En 424 av.J.-C., durant la guerre du PELOPONNESE, SPARTE s’empara d’AMPHIPOLIS. Une expédition athénienne de secours menée par THUCYDIDE ne parviendra pas à libérer la colonie, ce qui valut l’exil à l’historien et stratège.

AMPHIPOLIS restera indépendante jusqu’au règne de PHILIPPE II

(357 av.J.-C.). La cité devint alors une des stations principales sur la

route royale de Macédoine orientale, puis de la VIA EGNATIA romaine.

C’est d’ailleurs d’AMPHIPOLIS que partit ALEXANDRE LE GRAND pour sa glorieuse campagne d’ASIE.

Après la victoire romaine sur la Macédoine en 168 av.J.-C., la cité devint la capitale d’une des 4 républiques installées provisoirement par les romains et participe à la prospérité économique de la région.

Malheureusement les invasions slaves de la fin du 6ème siècle ruinent peu à peu l’arrière pays et les derniers habitants se replient sur l’acropole. La ville fut probablement abandonnée au 8ème siècle au profit d’EION, antique port de la ville reconstruit et refortifié à l’époque byzantine sous le nom de CHRYSOPOLIS.

Notre premier arrêt en MACEDOINE fut pour le LION D’AMPHIPOLIS : situé sur la rive droite du fleuve STRYMON à l’endroit où celui-ci achève sa boucle autour d’AMPHIPOLIS. Il se dresse fièrement sur sa base

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à l’emplacement même où l’on découvrit quelques uns de ses fragments épars, dernier témoin de ce qui devait être une petite nécropole (la nécropole principale d’AMPHIPOLIS se trouvant en face, sur l’autre rive) établie le long de la voie d’accès menant aux portes de la cité.  

« Il se dresse au creux de cette petite vallée, reconstituait depuis l’automne 1937, à son ancienne place mais sur un socle modeste, qui ne reproduit aucunement l’ambitieux monument qu’il couronnait jadis : il fallut par nécessité se contenter d’une réalisation plus humble » J. ROGER « Monument au lion d’AMPHIPOLIS » BCH 1939 vol 63

Daté du dernier quart du IV siècle av.J.-C., en marbre de THASOS il serait, selon certains archéologues, l’un des plus imposants monuments funéraires de cette période élevé en l’honneur de quelque illustre personnage ? ou « SEMA » (monument honorifique) célébrant la vertu guerrière d’un enfant d’AMPHIPOLIS ou d’un brave d’Alexandre ? La question reste posée.

 « C’est l’image habituelle du lion grondant : lèvres retroussées, montrant les dents, toute la face plissée et froncée, les yeux arrondis, gros et profondément enfoncés sous les sourcils » J.ROGER

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Il avait été sculpté pour être vu de loin et d’en bas

 « Il représente ici le gardien, fermement campé, résolu, mais au repos, gardien d’un dépôt qui n’est pas menacé » J. ROGER

De l’autre côté du STRYMON, perché sur une colline, visible de toutes parts : la cité d’Amphipolis. Mais comment y parvenir ?

Longtemps les archéologues ont recherché le fameux pont de bois, seul passage sur le STRYMON et dont THUCYDIDE (historien grec du 5ème siècle av.J.-C.) nous parle par 3 fois dans sa « guerre du Péloponnèse ».

Mais ce pont avait-il vraiment existé ? ou devait on se fier à la légende antique selon laquelle lors de son voyage en THRACE, HERAKLES fatigué et irrité de devoir traverser et retraverser à la nage le fleuve à la poursuite de son troupeau de bœufs affolé par HERA, y jeta tant de pierres qu’il se fabriqua un pont asséchant ainsi définitivement la rivière !

Aujourd’hui nous savons, 2500 ans plus tard, 12 rangées de poteaux plantés dans le sol constituant la substructure d’un pont de 4 à 6 mètres de large

 
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Certains poteaux toujours enveloppés de leur gangue de vase.

Œuvre unique dans le monde grec.

Dès l’époque classique, la cité d’AMPHIPOLIS fut entourée de deux enceintes, dont l’enceinte extérieure mesurant 7500 m.

THUCYDIDE nous rapporte qu’en 424 av.J.-C. la ville était relativement éloignée du fleuve et qu’à cette époque, les remparts d’AMPHIPOLIS ne descendaient pas jusqu’au pont lequel n’était protégé par aucun système défensif (cette protection du pont ne fut réalisée qu’en 422 av.J.-C.).

Ces murailles percées de tours carrées et rondes, de portes (6 portes ont été découvertes) et de bastions, ainsi qu’un système d’évacuation des eaux de pluie, présentaient un caractère monumental.

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aux débouchés de vallées encaissées et de ravins les habitants d’AMPHIPOLIS vivaient dans l’angoisse permanente de fléaux provoqués par les eaux de pluies déchaînées qui, du sommet des collines, se déversaient à l’intérieur de leur cité.

Pour remédier à ce problème les anciens avaient mis au point un ingénieux système d’écoulement et d’évacuation des eaux : les murs d’enceintes étaient percés de bouches d’égout et bien que celles-ci ne fussent guère suffisantes pour permettre aux ennemis de s’introduire dans la cité, on réduisit encore l’ouverture grâce à des broches de fer ou de bois.

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Les auteurs anciens nous apprennent que toute ville en état de siège, encourait le danger d’être prise d’assaut par des troupes ennemies pénétrant par les canalisations.

Mais ces textes soulignent aussi le danger d’effondrement des murs d’enceintes entraînés par les eaux de pluie lorsqu’il n’existait pas de système d’évacuation pour celles-ci !

C’est là, à l’extérieur du rempart nord que nous découvrîmes les vestiges de ce qui fut peut-être le THESMOPHORION (dédié au culte de DEMETER) ou pour certain un NYMPHAION : une petite construction rectangulaire, à ciel ouvert, présentant un puits dans lequel a été retrouvée une jarre coupée en deux. A côté un dépôt d’offrandes : vases (HYDRIES, KERNOI), jarres, figurines de terre cuite et deux statues, probablement de DEMETER.

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La prospérité de la ville (qui débuta à l’époque hellénistique) se prolongea jusqu’à l’époque romaine et paléochrétienne comme le prouvent les nombreuses basiliques et églises situées sur l’Acropole.

 

 

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Perdus sur cette colline exposée aux quatre vents, nous étions seuls sur le site (seuls peut-être pas, car dès notre arrivée nous fûmes mis en garde contre les serpents, résidents permanents de ces lieux ! !)

Cinq églises ont été dégagées auxquelles l’archéologue a attribué des noms évocateurs et bien modernes, selon l’ordre de leur découverte :

comme la BASILIQUE C

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ou la BASILIQUE A

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cimetière de colonnes simples et de colonnes doubles pêle-mêle, de colonnes de marbre blanc ou de marbre vert que le visiteur moderne traverse presque avec indifférence, sous le regard bienveillant d’une tête de dauphin, afin de pouvoir admirer un peu plus loin une série de mosaïques sauvées de la destruction.

BASILIQUE B 

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Mais surtout la ROTONDE 

 

 

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RETONDE A

 

Le temps nous manquant, du site antique d’AMPHIPOLIS malheureusement, nous n’avons pas vu grand chose. J’aurais aimé me promener au milieu des vestiges de la cité, emprunter ses voies dallées, risquer un coup d’œil indiscret dans les cours carrées à ciel ouvert des maisons de style traditionnel aux sols pavés de mosaïques,

 

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apercevoir un fragment de fresques ou de mosaïques ornant les monuments civils et, même si je ne suis pas très sportive, j’aurais aimé découvrir le gymnase et la palestre.

Point non plus de visite au sanctuaire dédié à la muse CLIO ou à ceux consacrés aux divinités égyptiennes CYBELE et ATTIS.

 

A SUIVRE...

 

Publié dans VOYAGES

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Carter 11/06/2015 23:10

La bourse des pierres et métaux précieux entre la Chine, la Russie et une partie des BRICS est déja ouverte.
Pourquoi croyez vous que Poutine a signé le contrat de taille de pierre précieuse en Inde et non plus a Anvers ou Tel-Aviv? Au mois de Juin lors de l’annonce des rétorsions possibles envers l’UE, Anvers avait pleuré a chaudes larmes que cela pourrait faire du tord a la Hollande, lors de l’annonce de la création de cette bourse conjointe. C’est pour cela que les usa veulent essayer de parer a ce coup là, mais ils ont deux sanctions de retard.