ECHAPPEES MACEDONIENNES : PELLA par Marie-Claude Jardel

Publié le par Les amoureux de la Grèce

    

                   Journal du voyage de l’association

                   Franco-hellénique de la Corrèze

 

                                Jeudi  8 octobre 2009

 

 

octobre 2009 Grèce 203    Danse improvisée dans les rues de PELLA

Située initialement au bord d’un golfe profond que comblèrent  peu à peu les alluvions des fleuves AXIOS et HALIACMON, la cité de PELLA se retrouva peu à peu reléguée à l’intérieur des terres.

Déjà connue et mentionnée par HERODOTE, THUCYDIDE  et HECATEE 

la ville antique, aux origines obscures, devint pourtant

dès  le 4e siècle av.J.-C. sous le règne d’ARCHELAOS la seconde capitale macédonienne.

Lieu de résidence habituel des rois de Macédoine, elle attira les plus grands lettrés et artistes grecs de l’époque  qui, après les désastres de la guerre du Péloponnèse, se tournèrent vers les royaumes en pleine expansion, confirmant  ainsi l’attrait de la culture grecque (et spécifiquement de la culture athénienne) manifesté par les souverains macédoniens : poètes et philosophes dont EURIPIDE qui y créa « les bacchantes » et qui y finira sa vie, peintres de renom comme ZEUXIS (peintre naturaliste itinérant, à la mise excentrique, qui réalisa le décor du nouveau  palais  et fit don au roi d'un tableau figurant le dieu Pan, divinité étroitement liée à la dynastie macédonienne. Alexandre le Grand étant souvent représenté avec de petites cornes sur la tête), APELLE et LYSIPPE (portraitiste de la famille royale).

Pour confirmer leur hellénisme les souverains macédoniens eurent soin d’être présents dans les grands sanctuaires panhelléniques : ALEXANDRE I dédia à DELPHES et à OLYMPIE des statues d’or et PHILIPPE II fit construire à OLYMPIE, pour commémorer sa victoire de CHERONEE sur les cités coalisées,  le PHILIPPEION rotonde votive où étaient installées les statues chryséléphantines de sa famille réalisées par l’Athénien LEOCHARES.

Dans le nouveau palais de PELLA, PHILIPPE II y fut élevé, ALEXANDRE le GRAND y naquit et y reçut l’instruction d’ARISTOTE.

Centre artistique et politique majeur, l’influence de PELLA s’étendra à l’ensemble du monde grec. Malheureusement la conquête romaine de 168 av.J.-C. mettra un terme à la gloire de la ville.

Reléguée au rang de capitale provinciale elle s’effacera alors devant THESSALONIQUE. Pour des raisons inconnues (peut être un séisme ? une crise économique ? assèchement du delta qui devint marécageux à cette époque) la ville est en déclin dès la fin du 1er siècle av.J.-C. et

LUCIEN DE SAMOSATE témoigne, peut être avec exagération, de la ruine de l’ancienne capitale de PHILIPPE et d’ALEXANDRE. Affaiblie par une série d’invasions slaves à la fin du 6e siècle  elle sombrera dans l’oubli.

L’illustre capitale n’est plus aujourd’hui que ruines.  


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 PHILIPPE II y avait pourtant élevé de vastes palais. CASSANDRE redessina le plan de la ville de fond en comble  conformément au plan dit HIPPODAMEEN (du nom de l’architecte HIPPODAMUS DE MILET) : la ville neuve, enclose d’une vaste muraille en brique crue ponctuée de tours carrées, était organisée en damiers autour de l’agora (à l’exception du palais perché sur une colline), quadrillage de larges rues parallèles se coupant à angle droit et épousant le relief, formant des îlots d’habitations rectangulaires  

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 La cité se couvrit d’édifices publics  (l’agora entourée d’ateliers de céramiques  faisait plus de deux cents mètres de long) et de vastes demeures particulières aux sols couverts de mosaïques et aux murs ornés de magnifiques fresques.

Si au cours du 4e siècle av.J.-C. la maison traditionnelle grecque reste très simple  (nombre restreint de pièces plus ou moins régulièrement disposées autour d'un espace intérieur découvert, courette ou simple puits de lumière, sols en terre battue) se développe à la périphérie du monde grec, une architecture domestique plus monumentale : l’espace central s’inscrit dans un cadre bien défini et fermé, entouré de colonnades derrière lesquelles sont disposées les salles.

 

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 L’originalité des architectes macédoniens est d’avoir adapté ce plan à un édifice de vastes proportions comprenant des salles aux fonctions variées, politiques et privées, et de lui avoir associé les structures monumentales et décoratives qui répondent au caractère fastueux de ses occupants. Cette originalité architecturale servira aussi par la suite de structure fondamentale aux grands bâtiments civiques : palestres, gymnases, agoras fermées voire sanctuaires.

Ainsi à PELLA, au sud de l’agora, les fouilles ont dégagé quelques îlots d’habitations : là se trouvaient de très belles et vastes demeures à péristyles dont la qualité des sols de mosaïques et la richesse de la polychromie des décors muraux


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 attestent de l’existence d’une zone résidentielle où l’aristocratie macédonienne avait fait construire dans la seconde moitié du

4e siècle av.J.-C. de véritables hôtels particuliers dont les dimensions et la magnificence dépassent tout ce que l’on peut observer dans les autres cités à la même époque.

 

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 De nos jours encore l'on peut essayer de se faire une idée de ce que dut être  la magnificence de ces demeures avec la  maison dite de DIONYSOS

 

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Les  superbes mosaïques, faites de galets et de pierres tirés du fleuve, représentaient DIONYSOS chevauchant une panthère (son animal sacré). Représenté avec le thyrse à la main  (c’est-à-dire son bâton surmonté d’une pomme de pin et d’un ruban), son autre main saisissant le cou de la panthère, il était ceint d’une couronne de vigne, un bracelet à la cheville.

Dans la salle des banquets une scène de chasse au lion : deux centaures entourant l'animal.

 

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La chasse était le sport favori des rois et l’on trouvait de nombreux lions dans les forêts macédoniennes.

Une autre maison doit son nom à la mosaïque de l’enlèvement d’HELENE par THESEE. Bien que très abîmé l’on distingue encore un aurige sur son char ainsi que trois chevaux. 


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Elle figure à côté d’une scène de chasse au cerf datée du dernier quart du

4e siècle av.J.-C.

 

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En haut de ce tableau l’on peut encore lire la signature de l’artiste : GNOSIS 

Cette découverte matinale se termine par ce que l'on pourrait  modestement qualifier de "danse en l'honneur de DIONYSOS "

 

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  A SUIVRE...

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