AU FIL DES GARDES...

Publié le par Les amoureux de la Grèce

 

                                                            CARNETS DE GARDE

 

                                       Spyros Tsovilis – Collection Ecritures –  éditeur L’Harmattan

 

 

Spyros Tsovilis est né à Paris en 1971. Il  a occupé différents postes au sein du Conseil de l’Europe, notamment, dans le domaine de la coopération juridique et la lutte contre la corruption. Il y a deux ans, un accident interrompt brutalement « le cours normal des choses ». Depuis lors, l’écriture participe à la reconstruction d’une vie nouvelle. Il publie là son premier roman.

Spyros Tsovilis en tant que résident à l’étranger choisit de faire son service militaire en Grèce pays des ses ancêtres. C’est un « hexaménite *»

.

Lors de ses nombreuses gardes, Thomas le personnage principal du livre, note ses réflexions sur ses activités à la caserne. Il  nous révèle, aussi, tout au long des ses « carnets de garde » une Grèce presque inconnue des touristes : Missolonghi, Nafpakto, Yannitsa. Cette vie militaire, qu’il découvre avec surprise, est contraignante et le conduit à dénoncer l’intolérance, le nationalisme exacerbé et la corruption. Ce roman est d’une très grande richesse d’idées, de réflexion, de portraits d’hommes et de femmes.

Parallèlement, nous suivons avec intérêt son cheminement intellectuel ; de nombreuses réflexions sur l’amitié, l’Amour des jeunes  femmes, nous le montrent  sensible, vibrant de ses émotions nouvelles. Ses grands-parents grecs qu’il retrouve à Elefteri sont pour lui une remise en cause de son identité grecque avec une certaine culpabilité.

 

La lecture de ce livre nous fait bien ressentir le tempérament chaleureux des méditerranéens.

 

 

« Le soleil de midi, l’odeur des cyprès, le vieux moteur diesel de l’immédiat après-guerre, la conversation vive des passagers, tout vibrait ou se réverbérait sur les vitres de la carcasse ambulant qui nous menait à Missolonghi. Nous discutions avec Michel de tout et de rien, comme à l’accoutumée. «  Tu es un « hexaménite* » disait Michel. Il ne doivent pas savoir que t’es un Parigot, sinon tu vas en baver . Michel me dit : « Bonne chance Thomas »

 

« Le 28 octobre, ils étaient  appelés à parader dans la ville de Missolonghi. Après le rapport du soir avec Vangélis, Marios,  Orphéas et Nicos venu spécialement de Paris  lui donna des nouvelles de ses amis : Sophie était une belle Grecque cultivée et d’un goût raffiné. Qui n’était amoureux de Sophie ?  Quant à Nicos il avait traversé la dictature sur les barricades. Il était alors étudiant. Libre et amoureux donc révolté, il fut arrêté et jugé par deux fois. Il n’en a jamais voulu à ceux qui avaient parlé «  il n’y a pas de déshonneur sous la torture » disait-il. »

 

« Le couplet sur l’immigration, je l’avais entendu tant de fois ! Quand ils reviennent, ils croient retrouver les choses et les êtres intacts comme ils les ont quittés ; ils ne suscitent, bien souvent que jalousie et ironie. Ils sont partis pourquoi ? Pour qui ? »

 

«  Nous souhaitions tous être Européens en pensant que seule la grande Europe, celle de Strasbourg, pouvait effectivement élaborer un projet politique commun et œuvrer à la sauvegarde des droits de l’homme. »

 

« L’amitié maintenait vivants en nous, dans les bons moments, la joie et notre volonté de surmonter le temps suspendu et les brimades et le sentiment de notre dignité, car pour tout le reste, nous nous sentions déshumanisés. »

 

« Je me sentais bien plus proche de mes amis Turcs ou Juifs que de la plupart des Grecs de cette caserne. Je devais bien plus, dans mon éducation, à un Hanokh Levin et à ses satires politiques et sociales, comme à tout poète, penseur ou écrivain qui nous fait respirer « l’air de l’universalité » qu’à bien des auteurs « nationaux » Grecs ou Français. »

 

« Madame Triada, mon professeur de grec, me suggéra de songer à l’histoire de ce pays et des Grecs pour qui la paix avait été si rare, presque un rêve. Elle nous avait lu le poème de Ritsos sur la Paix. »

 

*Hexaménite : c’est ainsi qu’on appelle en Grèce celui qui fait un service de durée réduite à  six mois.

 

 

 

Εxtrait de DIX-HUIT PETITES CHANSONS POUR LA PATRIE AMERE de Yannis Ritsos

Traduit du grec par Jean-Pierre Bouzou et Michel Nauday -Edition bilingue – fédérop.

 

CYCLAMEN                                                               

 

Un petit oiseau rose attaché par un fil                     

De ses ailes frisées volette vers le soleil

 

Si tu l’observes une fois, il t’offrira son sourire                          

Si tu l’observes deux fois, tu te mettras à chanter.

 

 ΤΟ ΚΥΚΛΑΜΙΝΟ

 

Μικρό πουλί τριανταφυλλί, δεμένο μέ  κλωστίτσα,   

μέ τά σγουρά  φτεράκια του στόν  ήλιο πεταρίζει,

 

Κι  ΄΄αν τό τηράξεις μιά φορά θά σου  χαμογελάσει

σι  ΄΄αν  τό τηράξεις δυό καί  τρεις θ΄ άρχίσεις τό τραγούδι   
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article